Dégradation des habitats piscicoles

Les poissons ont des exigences !

De même que pour les humains ou tout autre être vivant, les fonctions vitales des poissons (repos, alimentation...) ne peuvent être satisfaites que dans certaines conditions. Les pierres et les cailloux, les souches, les embâcles, les racines et tous types de végétation aquatique et rivulaire constituent la diversité du milieu. Cette diversité des habitats fournit à la faune aquatique la nourriture et les abris indispensables à leur survie.La capacité d'accueil du milieu est une condition essentielle au bon déroulement des étapes vitales.

Cours-eau-diversifie

Dans les milieux aquatiques indemnes d'activités anthropiques, la survie des espèces peut perdurer en l'absence de phénomène naturel extraordinaire (sécheresse, ouragan, irruption volcanique...). En revanche, dans les milieux aquatiques dégradés, certaines fonctions vitales sont perturbées, voire comprises, et les organismes vivants éprouvent des difficultés pour assurer leur survie.Fond colmaté et piétiné par le bétail, berges abruptes non végétalisées, écoulements uniformément lents, lit enfoncé par les curages successifs... amènent à la disparition des habitats pour les espèces inféodées aux milieux aquatiques. La banalisation des milieux conduit ainsi à l'appauvrissement de la faune et notamment des peuplements piscicoles.

Cours d'eau banalisé

Cours d'eau sans habitats, peu accueillants pour les espèces inféodées aux milieux aquatiques (insectes, amphibiens et poissons)

Afin de réparer les dégâts commis sur les milieux aquatiques, le recours à la restauration des habitats peut être nécessaire. Il permet le retour à des conditions de vie propices à la réalisation des fonctions vitales pour la faune aquatique.

Depuis plus de dix ans, l'état et les collectivités territoriales avec l'appui des Fédérations Départementales de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques élaborent et mettent en œuvre des programmes de restauration des habitats. Basés sur un état des lieux et sur le diagnostic des dysfonctionnements, ces programmes visent le bon état écologique des eaux tel qu'il est définit dans la directive cadre européenne sur l'eau (DCE).

Selon le type de dysfonctionnement, la restauration des habitats peut consister à reméandrer un cours d'eau, à apporter des granulats grossiers (cailloux, pierres, blocs) afin de diversifier le lit et les écoulements, à favoriser le développement arboré en berge, etc. Par ailleurs, des mesures de protection des milieux peuvent être prises. Il peut s'agir par exemple de poser des clôtures et d'aménager des abreuvoirs pour empêcher le piétinement du lit et des berges par le bétail. Dans tous les cas d'aménagement, une demande préalable doit être adressée aux services de la police de l'eau.

Les actions sont variées. Elles sont généralement prises en charge par les structures intercommunales de bassin versant et programmées dans le cadre des Contrats Territoriaux Milieux Aquatiques.

Toutes les mesures qui visent à restaurer les fonctionnalités des milieux aquatiques contribuent à la protection des peuplements piscicoles et notamment aux populations de migrateurs amphihalins.

L'état des milieux aquatiques en Bretagne

Les cours d'eau bretons sont en meilleur état à l'Ouest d'une ligne Saint-Brieuc / Vannes. Les diagnostics de l'état des milieux aquatiques font que certains cours d'eau n'atteindront probablement pas le bon état écologique demandé par la DCE.

Carte_ONEMA_Intégrité-habitat

 Probabilité de respect des objectifs 


Pour aller plus loin...

  • Film "Redonnons libre cours à nos rivières !" (AERMC, 2016):